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Raser les murs

La tendance pour les grands formats est un aveu implicite d’une certaine impuissance de l’art contemporain à résoudre les problèmatiques liées à sa marchandisation. Si pour certains artistes comme Christo et Jeanne-Claude, la vision esthétique est indissociable du gigantisme; en revanche, la corrélation est moins évidente à la vue des murales festives de plus en plus nombreuses qui soulignent l’avènement de la gentrification. Les murales subversives ou révolutionnaires auxquelles nous avaient habitués Keith Haring et Diego Riverade sont devenues l’exception. L’industrie touristique et les développeurs immobiliers en particulier se sont appropriés ce medium. Devenu objet de divertissement et outils de communication marketing, la mural répond de moins en moins à une conception locale de l’esthétique inscrite dans un vécu, des besoins et une communauté. Comme les DJ superstars des années 2000, les artistes muralistes sont souvent des mercenaires internationaux. Sans connaître la culture locale, ils s’approprient un espace, y imposent un style et y réclament un statut. Ils retirent ainsi au lieu son unicité en inscrivant celui-ci dans une tradition artistique, architecturale, culturelle ou esthétique qui ne lui correspond pas. WIP…

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